Yoshimi KATAHIRA
Démarche artistique
Artiste japonaise, j'ai vécu en France pendant vingt ans.
Ce long séjour fut une quête, me révélant ma propre identité : mes racines, mon histoire et le passage du temps.
Autant d'éléments qui habitent nos vies, mais restent invisibles à l'œil nu.
J'ai choisi de les dessiner pour donner corps aux traces de l'existence.
Ces empreintes sont les miennes, mais elles résonnent en chacun de nous.
Quelque soit le sujet ou l'époque de mon travail, l'encre de bokuju reste mon fil conducteur, cette même encre liquide que j'utilisais déjà pour mes mangas, à mes débuts.
J'ai exploré la couleur, j'ai dessiné sur tablette numérique, et à chaque fois, j'y suis revenue.
Le noir, pour moi, n'est pas une couleur parmi d'autres : il est la somme de toutes les couleurs mêlées, celle qui ne s'impose jamais mais laisse deviner, chacun y projette la teinte qu'il porte en soi.
Le blanc, lui, n'est pas un vide : c'est le temps qui passe, le mouvement qui n'a pas encore pris forme.
Je ne cherche pas à tout montrer.
Dans la tradition japonaise, le vide, le ma, n'est pas une absence, mais un espace vivant.
Mes dessins laissent volontairement des silences, des blancs, où le regard de chacun vient inscrire sa propre mémoire.
L'œuvre ne s'achève pas sur le papier : elle se complète dans l'imaginaire de celui qui la regarde
Parcours
Née à Tokyo, mon chemin d'artiste autodidacte est fait de cycles.
Après une première carrière dans le manga et l’illustration au Japon, la vie m'amène en France en 2006.
Le séisme de 2011 marque un tournant profond : la perte d’une partie de ma famille me ramène, après douze ans de silence, à la nécessité de dessiner.
Pendant dix ans, j'explore mes racines à travers la mythologie japonaise.
De cette quête naît, en 2024, mon passage à l’abstraction : un besoin vital de donner forme à l’invisible.
En octobre 2025, après vingt ans en France, je retourne au Japon pour poursuivre cette exploration de l’essence et des traces de vie.